S’aventurer en chute libre…sans parachute

Notre saut commence au mois d’Octobre 2011, grâce à des amis qui nous ont offert, au maître des lieux et moi-même, deux places pour un saut de chute libre en soufflerie. A Florence, Hédi, Alistair, Greg et Thibault : un immense merci. Votre cadeau nous a fait vibrer le slip, et pas seulement parce qu’un vent de 200km/h vient vous chatouiller le caleçon. C’était génial.

Chute libre en soufflerie

Voilà qui nous emmène en Mars 2012, à l’Aerokart d’Argenteuil. Il faut vous imaginer un bâtiment franchement moche vu de l’extérieur, mais qui abrite un bar, un salon, une piste de karting et les locaux nécessaires à la soufflerie.

Première étape : l’accueil

Munis de nos bons, nous allons voir une hôtesse, qui après quelques vérifications nous fait patienter au salon, où un écran permet à toutes les personnes présentes de regarder soit le kart, soit les candidats à la chute libre en direct live from New York City Be-atch, comme disent les jeunes.

La première occasion pour vous de vous rendre compte que non seulement ce n’est pas facile, mais il y a même carrément moyen de vous ridiculiser. Spécialement quand une enfant d’une dizaine d’années commence à tournoyer sur elle-même, sous les encouragements du moniteur. C’est là que vos appréhensions apparaissent.

D’abord parce que le concept même est étrange : sauter d’un avion en parfait état de marche va à l’encontre de mon instinct de survie, et que remplacer cela par « sauter au dessus d’un ventilateur géant » ne rend pas la chose plus normale.

Ensuite, un petit complexe : si comme moi, les lois de la physique disent que vous pesez beaucoup quand vous êtes soumis à l’atmosphère terrestre, vous vous dites forcément que 1) le moniteur ne trouvera jamais de combinaison à votre taille et que 2), c’est grave la honte si le mec est obligé de pousser son moteur à fond pour vous faire décoller…

Combinaison, casque et bouchons d'oreille : c'est parti !

Combinaison, casque et bouchons d’oreille : c’est parti !

Le moniteur appelle enfin votre groupe et vous emmène vers les vestiaires, où il vous explique comment va se dérouler la session : habillage, explication des règles de sécurité et des objectifs et enfin, le saut. Et pour répondre à votre question : oui, le moniteur a un peu galéré à trouver une combi à ma taille, j’ajouterais que vous souriez, si si, je le sais, et ce n’est pas très gentil…

Deuxième étape : la formation

Vous êtes donc habillé (arrêtez de sourire !), on vous a distribué des boules Quiès, un stylo et un formulaire. Et là, le moniteur vous lance cette phrase : « Bon déjà, l’objectif n’est pas de tourner sur vous-même ou de faire des trucs de oufs. L’objectif : c’est voler » (Petite angoisse, le retour de la vengeance : et si j’arrive même pas à décoller mon gros cul, moi ?). Je passe un peu les explications techniques, et on file vers la soufflerie.

Troisième étape : le saut

Vous avez mis vos bouchons auditifs, on vous a donné un casque une combinaison et vous êtes fier comme Artaban, mais comme Artaban qui n’a pas encore conscience de ce qu’il va faire.

La soufflerie est composé de trois grands tubes en plexiglas à la verticale : le plus au centre pour le saut, le second contient au rez-de-chaussée le sas d’entrée pour les chuteurs, un local de contrôle de la soufflerie et à l’étage un petit couloir vitré permettant aux accompagnants d’assister au saut de leurs protégés.

Petit aparté : avec nous sautait un moniteur stagiaire, qui apprenait sur cette session à intercepter d’autres chuteurs, et à les remettre en position normale de saut. C’est très impressionnant, et rassurant aussi, de voir ces gens qui s’occuperaient de vous pour un saut en extérieur.

Et donc, ça commence. Le premier saut est pour GrimpeurFou. Et il se débrouille bien le bougre ! Du coup, rebonjour la pression ! Après seulement quelques secondes, il décolle littéralement et s’arrête à un bon mètre du plafond, en compagnie du moniteur. Quelques figures, on tangue un peu à droite à gauche, et les 2m30 / 3minutes de saut se terminent. C’est à la fois très court et très long, car cela équivaut à 2 à 3 trois sauts en avion et parce que c’est la durée qu’il faut pour être un peu à l’aise, le temps de reprendre ses repères et de se familiariser avec la pratique des mouvements (à savoir, voler en essayant de faire du sur place). Un peu avant la fin du tour de notre hôte, le moniteur me fait signe, c’est l’heure.

Vous avez déjà entendu ce sketch sur le saut à l’élastique, où l’on vous dit qu’en fait, « tu ne sautes pas, tu te laisses tomber comme une grosse bouse » ? Et bah c’est vrai…et première victoire, je décolle. La deuxième suit : le moniteur commence à faire des signes pour vous montrer comment tourner, dans ta tête, c’est la fête : tu ne seras pas le looseur qui n’aura fait que du surplace. Mais bon, ça ne m’empêchera pas de culbuter d’un bout à l’autre du tube pendant au moins 45 secondes. Une petite pirouette avec l’aide du moniteur pour sortir les pieds devants, et c’est fini.

Le bilan

3 minutes de saut pour 2h00/2h30 de présence, ça peut sembler une arnaque digne d’une file d’attente de chez Mickey. Dans les faits, c’est important, on va compter 30 à 45 min le temps d’arriver, faire vérifier la réservation et un peu d’attente. Environ le même temps pour s’équiper et tout se faire expliquer, et 30 minutes de saut pour l’ensemble du groupe.

Une activité un peu cher, mais à faire avec des amis, c’est autant un plaisir à faire qu’à regarder, que ce soit vos amis gui galèrent –ou pas- ou les mecs du club –qui ne galèrent pas-. Un chouette cadeau aussi, merci les copains !

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