Bivouac en Igloo et sommet en raquette

Un WE, un délire : aller à la neige, s’éloigner de la civilisation avec les raquettes aux pieds et construire un igloo pour y dormir. Petit plus : gravir un sommet le dimanche, avant de retourner en région parisienne.

En TGV, un voyage pour Grenoble le vendredi soir et l’hébergement dans un presbytère du coin. Le confort est spartiate, mais l’accueil est chaleureux, avec des bières qui nous attendent pour notre arrivée au milieu de la nuit.

Samedi matin, re-passage vers la gare TGV, où nous prenons un car pour Le Sappey-en-Chartreuse, point de départ de notre randonnée.

Descendus du bus, le GR est facile à trouver, et nous marchons une petite demi-heure avant de devoir chausser les raquettes. La montée est raide, mais nous gardons le sourire : nous avons hâte d’utiliser nos pelles à neige !

Randonnée en raquettes

Nous arrivons tôt au habert de Chamechaude. C’est une sorte de refuge, une cabane non gardée, qui nous permettra de dîner à l’abri, et de dormir au chaud en cas d’échec de l’igloo.

Une équipe se charge d’aller chercher du bois pour allumer un feu dans la cheminée, pendant que l’autre commence à construire l’igloo. Les deux missions sont aussi difficiles l’une que l’autre : imaginez chercher du bois sec avec de la neige partout !

Habert de Chamechaude – La cheminée ne tire pas !

La construction d’un igloo, comme dans les livres :

On définit un beau cercle, où on pourrait tenir allongés à quatre. A l’aide des pelles à neige, on découpe grossièrement de gros blocs de neige, que l’on installe en cercle. Les scies permettent d’ajuster les blocs pour qu’ils s’imbriquent parfaitement, en créant une spirale.

Construction d’igloo – Les fondations

Pour éviter que l’igloo ne s’effondre sur lui-même lors de la construction, une personne reste au centre et retient le dernier bloc de la spirale : celui qui se trouve le plus haut. Ainsi, il retient tout l’édifice, mais se condamne à se faire iglooter vivant lorsqu’on posera la dernière pièce qui vient fermer le dôme.

Construction d’igloo – La spirale montante

L’étape suivante, c’est de creuser la porte, du côté bas de la pente. Cela permet à la fois de rentrer dans l’igloo, mais surtout de faire sortir celui qui était resté à l’intérieur !

Construction d’igloo – La clé de voute

Ensuite, on construire un petit tunnel, en descente. L’objectif de cette pente est de conserver la chaleur dans le dôme. Ca y est, l’igloo est presque terminé. On jette beaucoup de neige sur l’igloo, pour boucher les trous, et on lisse la paroi intérieur pour que l’eau ruisselle sur les parois au lieu de goutter sur les dormeurs.

Le tunnel d’entrée dans l’igloo

Le lieu du couchage est prêt, il est temps de se mettre à table. Tout d’abord, faire bouillir un peu de neige sur le réchaud pour avoir de quoi boire. Ensuite, fondue savoyarde. Malgré le mètre de neige d’épaisseur sur le toit du refuge, il y fait un froid glacial. De plus, il fait très sombre et la seule bougie qu’on a trouvée ne nous permet pas de passer une soirée agréable : nous allons nous coucher tôt, certains dans l’igloo, d’autres restent dans le refuge.

Dans l’igloo, il fait incroyablement bon. Malgré les parois qui commencent à montrer des signes de faiblesses façon sorbet, nous nous endormons, recouverts d’imperméables pour nous protéger des premières gouttes. Le sommeil lourd, nous ne fûmes troublés qu’aux alentours de 6h du matin : les gouttes nous tombaient sur les jambes si régulièrement qu’elles auraient pu former un filet d’eau. En plus, les vents forts et chauds de la nuit ont transformé l’igloo en dentelle. C’est finalement par une fenêtre que nous sortons, content de ne pas avoir à ramper dans le petit tunnel.

L’igloo en dentelle, après une nuit de vent chaud

Surprise, les chaussures mouillées ont gelé, nous allons au refuge pour les décongeler sur le camping-gaz. Deuxième surprise, l’entrée du refuge est barrée par la neige : celle accumulée sur le toit a glissé pendant le nuit, bloquant complètement la porte. Heureusement, nous avions conservé quelques pelles à l’extérieur et nous pénétrons dans la cabane où tout le monde est encore endormi.

Après un bon petit déjeuner, le groupe se sépare : une moitié ira passer la journée à Grenoble, l’autre fera l’ascension de Chamechaude en raquettes. C’est parti pour une randonnée agréable, avant d’entamer la partie raide. Nous croisons énormément de skieurs de rando, qui ont l’air de galérer autant que nous pour monter.

Le sommet de Chamechaude, vu du habert

En haut, nous déchaussons les raquettes pour avancer sur la crête et franchir les quelques rochers qui nous séparent du sommet. La croix de chamechaude est atteinte ! On prend la pose pour une photo, et on profite du réseau pour envoyer la photo sur twitter : on naît geek où on l’est pas.

En haut de #Chamechaude #2082 (http://twitpic.com/15u20i )

Pour la descente, on choisit un itinéraire simple : on descend tout droit, sur les fesses, jusqu’à atteindre le haut d’une piste de ski. Ensuite, on chevauche les sacs de rando, et on trace tout droit sur la piste. C’est l’occasion de dépasser des skieurs ahurris, qui n’ont toujours pas compris pourquoi des campeurs leur tapait la bourre. En bas des pistes, le bar du Col de Porte est parfait pour attendre le bus autour d’un chocolat chaud. C’est l’heure de rentrer à Paris, après un WE d’aventures réussies.

Epilogue : un an plus tard, nous avons remis ça dans un autre massif, en montant une expédition d’une vingtaine de personnes. Notre process industrialisé de construction nous a permis de construire un village complet d’igloos !

Village d’igloos, après un an d’expérience

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