Via Ferrata de la Cascade de l’Oule

Après une activité canyon un peu courte aux yeux de certains, notre troupe se met en tête de se finir sur la Via Ferrata de la Cascade de l’Oule, à proximité de la Dent de Crolles.
Mais d’abord, la Via Ferrata c’est quoi ?
C’est une randonnée du vertige, avec des passages d’escalade sur roche ou barreaux métalliques, pendant laquelle le grimpeur est relié en permanence à une ligne de vie (un câble en acier qui court le long de toute la voie) à l’aide d’une longe.

La falaise de la Via Ferrata de l’Oule

On se dirige en voiture au pied de la falaise, où se trouve la station du funiculaire le plus pentu d’Europe. C’est également le départ de la Via Ferrata que l’on souhaite gravir.

Malgré tout notre matériel perso (baudriers, longes, et casques), il nous faut absolument des absorbeurs de choc, spécifiques à la pratique de la Via Ferrata.
Sans ces absorbeurs et en cas de chute, on risque la rupture de la longe et le retour au sol, ou encore une fracture du bassin si la longe résiste.

Manque de bol, on ne peut louer les absorbeurs qu’en haut de la falaise, à l’école de parapente.
On s’y précipite et nous louons le précieux matériel. Avec un peu de rancoeur tout de même, entre le fait que j’en ai trois qui sont restés à la maison, et que l’escroc à la caisse m’a refilé des roubles à la place de pièces de 2 euros.

Un grimpeur engagé dans la Via Ferrata

Nous prenons le sentier qui redescend la montagne.
En effet, l’activité « Via Ferrata » se pratique généralement en montant, et comme c’est galère de se croiser, il y a un sens imposé pour le parcours.

Deux options s’offrent à nous :
1. Descendre à mi-hauteur par le sentier, pour s’engager dans la Via par un échappatoire (c’est pour les tapettes qui sentent déjà plus leurs bras à mi-parcours, ça leur permet de quitter le circuit sans embêter tout le monde) et faire une des deux parties hautes.
2. Descendre tout en bas pour faire le parcours entier. Il y a une cotation extrêmement difficile (ED) pour ce parcours, ca veut dire que ca tire (un peu) sur les bras, et que c’est très exposé au vide.

La durée annoncée est de 2h, la journée est déjà bien avancée et on a une activité de canyoning dans les pattes.
On est chaud pour faire le grand tour. J’crois qu’on est tous un peu tarés.

Cotation de difficulté : Extrêmement difficile !

Pendant la descente, incident de parcours. On perd une partie de notre groupe, qui finalement feront les petit-joueurs en ne grimpant que la moitié de la Via.
Ils nous gratifient même d’un coup de téléphone pour nous engueuler : on est parti avec toutes les bouteilles d’eau, pas très sympa de notre part.
On se rassure en se disant que ça leur fera ça de moins à porter.

On arrive enfin au câble métallique, qui annonce le départ de la Via Ferrata.
C’est parti. Le principe, c’est qu’on progresse en étant en permanence en sécurité. Sur les deux longes, il y en a toujours une reliée à la ligne de vie.

Sur les parties faciles, c’est quand même saoulant de clipser/déclipser les mousquetons.
On arrive enfin aux choses sérieuses. Les barreaux d’échelles sont plantés dans la roche pour faciliter (et parfois permettre) la progression.
Entre la verticalité de la voie, et l’obligation de lacher une main pour manipuler les longes, l’ascension commence à devenir physique.

La cascade de l’Oule, en plein sur la Via Ferrata

Nous arrivons à un embranchement : partie difficile à gauche, partie facile à droite, qui passe à 3 mètres du pied d’une cascade.
N’étant pas équipé pour affronter le déluge, le choix se fait naturellement pour la partie ED.
Je tente tout de même de prendre une photo de la cascade, en étant à une vingtaine de mètres.
C’est raté, trop d’embruns sur l’objectif, heureusement que l’appareil est étanche. Le temps d’essuyer la lentille et de retenter l’expérience, je suis trempé.
Je n’imagine même pas l’état des gens qui passe par la vire des Lavandieres (c’est son nom). Peut-etre une bonne occasion pour mater du T-shirt mouillé ?

On commence la Vire à Vélo, et nous tombons nez-à-nez sur nos compagnons. Mais comment sont-ils arrivés là ?
« Par un petit contre-sens… », nous annoncent-ils, « …on a emmerdé juste 3 personnes ».

Le passage en surplomb

Ils entament la partie la plus raide, où il faut même franchir un surplomb.
Un des gars ayant des difficultés, celui du dessus ose lui lancer un « T’inquiètes, c’est la seule difficulté, après c’est facile ! ».
Devant un mensonge tellement gros (la suite de la voie, visible, continuait en pure verticale sur au moins 50 mètres), une partie de l’équipe se décide à faire demi-tour, pour rejoindre l’embranchement facile.

Lorsque c’est mon tour, je fais une petite pause avant de passer cette difficulté.
Heureusement, équipé d’une dégaine, je peux me suspendre à un échellon pour me reposer.
J’explose de rire quand celui qui me précède, franchit dans un bel effort le surplomb, mais se retrouve bloqué 30 centimètres après. Il avait oublié de faire passer ses longes sur le brin suivant. Obligé de redescendre, manipuler ses longes, puis recommencer le passage le plus dur.

L’échelle inversée

La suite, c’est une Via bien physique car bien raide, puis LE passage sympa.

L’échelle inversée. C’est une échelle qui fait face au vide, plutôt que de faire face à la falaise.
On la gravit donc en voyant le vide sous ses pieds, et la vallée devant soi.
C’est vraiment impressionant, même quand on est habitué aux grandes hauteurs.

La vue sur la vallée, perché depuis l’échelle inversée

Peu après, deux filles profitent d’un passage horizontal pour nous dépasser en courant sur la corniche étroite, en se délongeant totalement. Je les ai trouvées un peu téméraires sur ce coup…

Pour finir, encore une échelle inversée, un peu moins impressionnante car encaissée dans la falaise, mais avec un nom bien funky : l’Echelle de l’Enfer !

Quelque échelons de plus, et c’est déjà fini. Vivement la prochaine !

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